JOURNAL 20 MINUTES DU 09/06/2010
Économie Le microcrédit mis à l'honneur par une association nordiste cette semaine
Emprunter peu pour gagner, peut-être un jour, beaucoup. C'est le but du microcrédit dont l'Association pour le droit à l'initiative économique (Adie) fait la promotion toute la semaine*. « Même les plus démunis sont capables de créer leur entreprise », souligne Fabrice Talandier, directeur régional de l'Adie dont plus d'un tiers des personnes aidées n'ont aucun diplôme.
Aucun prêt des banques
L'an dernier, 304 projets, pour moitié dans le commerce, ont pu voir le jour grâce au microcrédit sur un millier de contacts. Le prêt maximum est de 10 000 € à un taux fixe de 9,71 %, mais la moyenne des prêts se situe autour de 2 400 €. Véronique Sciarrino a bénéficié de 2 000 € pour monter son dépôt-vente à La Madeleine. « Aucune banque n'a voulu me prêter car je n'ai aucune garantie », déplore-t-elle. Ouverte depuis début janvier, elle commence doucement, sans ordinateur. « Pour pouvoir rembourser », assure-t-elle.
Chez Hocine Barèche, l'enjeu était différent. Vendeur ambulant depuis cinq ans, en tirant le diable par la queue, il lui manquait 2 500 € pour financer son stock d'été, la meilleure période pour vendre. « J'aurais arrêté mon activité sans cette aide », avoue-t-il. L'Adie revendique 59 % des entreprises aidées encore en vie au bout de 3 ans.
JOURNAL NORD ECLAIR DU 10/06/2011
SÉBASTIEN BILLARD > region@nordeclair.fr
Renaissance. Quand Véronique Sciarrino a créé son dépôt-vente de prêt-à-porter le 2 janvier dernier, la jeune mère de famille n'a pas hésité longtemps au moment de choisir le nom de son nouveau commerce. « L'ouverture du magasin a été pour moi une libération. Cela a changé beaucoup de choses dans ma vie », explique-t-elle.
Ce projet, cela faisait longtemps que Véronique y pensait. « Fin 2010, j'ai essayé une première fois mais les banques ne m'ont pas suivie, se désole la jeune femme. Je ne disposais pas de suffisamment de garanties financières à leurs yeux. »
JOURNAL NORD ECLAIR DU 19/08/2012
Dans la foulée, Véronique Sciarinno décide alors de se tourner vers l'Association pour le droit à l'initiative économique (Adie). Acteur majeur du microcrédit en France, l'organisation vient en aide aux personnes exclues du marché du travail et du marché bancaire en leur prêtant une petite somme d'argent afin de créer leur entreprise. Un système développé par l'économiste Muhammad Yunus et la banque qu'il a créée, la Grameen Bank, dès 1983 au Bangladesh.
« Je leur ai adressé un premier projet. Il a été refusé. Trop ambitieux et pas assez réaliste. Ils m'ont accompagnée afin de faire quelques rectifications », précise l'entrepreneuse. Lors de son deuxième passage, le dossier est accepté, un prêt de 2 000 euros est alors accordé et lui permet de monter son commerce à La Madeleine.
Comme Véronique, 304 micro-entrepreneurs ont ainsi eu l'opportunité de lancer leur propre activité économique l'année dernière dans la région. « Les banques ordinaires ne regardent pas les projets, indique-t-elle. Le microcrédit m'a permis d'être accompagnée et conseillée tout au long du processus. Cela permet à tous d'avoir sa chance. Il n'y a rien de plus valorisant que de voir aboutir son projet. » Même tonalité à Vendeville, près de Lille. Au moment de créer sa société de traiteur en septembre 2008, Florence Josien, interdite bancaire depuis 2005, se heurte à un mur. « J'étais démolie, en colère. Les banques m'ont enfoncée plus qu'autre chose. Elles ne voulaient rien savoir », regrette-t-elle.
Elle s'est aussi tournée vers l'Adie. Deux ans après la création de sa société, Florence s'apprête à présenter pour la première fois un « bilan légèrement positif ». « Comme toute création d'entreprise, cela reste difficile, la première année surtout, nuance Florence.
Donner l'opportunité à chacun de créer une activité économique »
LOUIS DIEU > louis.dieu@nordeclair.fr Située en plein coeur de Linselles, rue Clémenceau, « Renaissance » porte plutôt bien son nom : auparavant implantée à La Madeleine, la petite boutique cosy a pris ses quartiers à Linselles sur 70 mètres carrés et a des airs d'enseigne de prêt-à-porter. Tout y est bien ordonné et le choix est varié. Ouvert à la mi-juillet, ce dépôt-vente animé par Véronique Sciarrino et Élodie Deshayes propose une gamme de vêtements féminins et pour enfants ainsi que des accessoires de puériculture et des jouets. Pour Véronique, 41 ans et maman de quatre enfants, l'aventure a démarré en 2011, à La Madeleine, où elle réside : « J'ai décidé de m'installer à mon compte après le congé parental de mon petit dernier, livre-t-elle. Pas pour être riche mais pour être libre. » Suivie par la BGE, et les organismes de microcrédit Adie et France active, elle obtient les 2 000 euros que les banques classiques refusaient de lui accorder par frilosité. « Tout se passait très bien, la clientèle était là mais sur 14 m² je me suis vite retrouvée à l'étroit ».
Il fallait trouver plus grand et avec un coût raisonnable. Alors quand Élodie, 21 ans, lui propose d'associer leurs forces et d'agrandir l'enseigne, Véronique n'hésite pas : « Nous sommes deux auto-entrepreneuses partageant le même local », résume-t-elle. Et en plein été, alors qu'elles viennent d'ouvrir, c'est déjà l'affluence ! « Il y a une demande énorme, confient les deux jeunes femmes. Avec la crise et les nouvelles manières de consommer, l'heure est à l'achat malin et au bon plan. » Le principe de « Renaissance » ? Tout le monde peut déposer des vêtements. Après un premier tri en fonction de la demande, un prix est fixé. L'article est conservé pendant un mois reconductible et une fois vendu, 50 % du prix revient au dépositaire. Est-ce que, à terme, l'enseigne aura son site internet ? « Je ne crois pas, prévient Véronique. La concurrence provient des sites de ventes d'occasion sur internet, et personnellement, ici, nous aimons le contact humain avant tout. » Seul défi à l'horizon pour Véronique et Élodie ? Trouver une nounou pour l'adorable Léo, véritable mascotte et mannequin du magasin âgé de 7 mois seulement et qui est tout à son aise à la boutique.w Renaissance : du mardi au samedi, 10 h - 18 h 30 au 11 rue Clémenceau à Linselles. Tél. : 06.50.08.92.25.